Histoire des Arts - La Persistance de la mémoire

Salvador Dalí

(né le 11 mai 1904 à Figueras - mort le 23 janvier 1989 à Barcelone)

 

La persistance de la mémoire

    La persitance de la mémoire 

Salvador Dalí

La persistance de la mémoire

1931

Huile sur toile

H. 24,1 x l. 33 cm

The Museum of Modern Art, New York

 

 


L’œuvre La persistance de la mémoire est devenue l’une des œuvres les plus représentatives et les plus mystérieuses de Salvador Dalí peinte à l’âge de 27 ans seulement.

 

 

 

On peut contextualiser la vie et l’œuvre de Dalí de cette époque en rappelant que 1930 correspond à la fin de la dictature de Primo de Rivera instaurée en 1923 et que le 14 avril 1931 est proclamée la IIème République en Espagne. Sur le plan artistique, les années de la République (1931‐1936) peuvent être définies comme des années de grande effervescence, de bouleversements et d’enthousiasme.

 

La persitance de la mémoire (1)Au sujet de l’œuvre, nous pouvons dire presque en toute certitude que le paysage qui apparaît est celui de Portlligat et par extension celui du Cap de Creus. La grande relation et l’attachement de Dalí à cet environnement est une constante dans son œuvre, présente tout au long de sa trajectoire artistique et l’un des dénominateurs daliniens. En 1931, quand Dalí peint. En 1931, quand Dalí peint La persistance de la mémoire, le paysage constitue déjà un élément primordial dans son œuvre.

 

La persistance de la mémoire se caractérise donc par un paysage à l’horizon en hauteur, couronné par la mer, avec un ciel crépusculaire et des falaises escarpées sur le côté droit. Dalí offre une vision simple et austère de la nature, un paysage plutôt statique qui transmet une certaine idée de stérilité. La et par une impression de congélation de l’instant.

Ce paysage se voit interrompu par trois montres molles et une quatrième de rigide qui donnent de nombreuses significations à l’œuvre. L’une des montres molles pend d’une branche d’olivier; une autre, tout aussi déformée, repose sur la forme amorphe, apparemment endormie, qui occupe le centre de l’œuvre. La dernière montre molle s’appuie sur le meuble situé sur le côté gauche. Dessus il y a de plus une mouche posée, qui nous invite à faire un jeu de mot du genre “le temps s’envole”. Chacune de ces trois montres marque une heure différente (il semble être entre 18 et 19h heures, heure crépusculaire), ce qui insinue la relativité du concept de temps. En contraste avec les montres molles, il y a une quatrième montre rigide, qui, au lieu d’indiquer l’heure, est couverte de fourmis et placée sur l’envers.

 

 

Il est évident que Dalí évoque ici l’une des préoccupations les plus artificielles et abstraites inventées par l’homme : l’obsession de contrôler le temps par les heures que marque la montre. Le temps qui passe, sa relativité et son écoulement sont des concepts envisagés et largement développés par les auteurs qui ont étudié cette peinture. Dalí déforme les instruments même qui doivent nous informer sur le temps et il en annule la fonction. Toutes les montres marquent une heure différente et la seule qui maintient sa rigidité initiale est peinte retournée sur l’envers et infestée de fourmis.

 

 

L’inutilité du temps devient évidente à partir du moment où son symbole (la montre) a été détruit. Il est plus intéressant de conserver la mémoire et de demeurer dans le passé que d’avancer vers un présent et un futur. Dalí revendique l’absence de temps, par laquelle nous goûtons bien davantage à sa présence éternelle. Il juxtapose avec élégance l’infini d’une scène comme le paysage, avec des objets qui nous rappellent à chaque instant la fugacité des instants et des choses; tout est éphémère et fuyant. C’est cette volonté de demeurer dans l’hier et de se souvenir d’un passé sans contrôle du temps qui finit par donner son titre au tableau: La persistance de la mémoire.

 

 

La persitance de la mémoire (2)Les dimensions de La persistance de la mémoire sont de 24 x 33 cm; ces dimensions si réduites témoignent du soin et de la minutie utilisés par Dalí.

 

 

La composition de La persistance de la mémoire peut se définir comme “ascendante en diagonale de gauche à droite”. Cette organisation offre un équilibre parfait entre la zone des montres molles et le foyer de lumière dorée des rochers.

 

 

  La persitance de la mémoire (3)

Installation de l’exposition Literature and Poetry in painting since 1850, au

Wadsworth Atheneum de Hartford (1933), Connecticut.

 

Vingt et un ans après avoir peint La persistance de la mémoire, Dalí crée une autre œuvre qui s’en inspire: La désintégration de la persistance de la mémoire (1952‐1954), qui appartient actuellement au Salvador Dalí Museum de Florida. Le peintre mystico‐nucléaire de sa trajectoire et on remarque dans la nouvelle œuvre la nature corpusculaire de la matière et les aspects métaphysiques.


La persitance de la mémoire (4)

Désintégration de la persistance de la mémoire, 1952‐1954

Huile sur toile, 25,4 x 33 cm. The Salvador Dalí Museum

 

Dalí lui‐même explique:

« Ici, c’est un tableau des « Montres Molles » qui ont été beaucoup discutées (sic) parce que toujours on me demande pourquoi elles sont molles, et je réponds toujours que : « Une montre, qu’elle soit molle ou dure, ça n’a aucune importance, l’important est qu’elle signale l’heure exacte. Dans ce tableau il commence à y avoir des symptômes de cornes de rhinocéros qui se détachent et font une allusion exacte à la dématérialisation constante de cet élément se transformant de plus en plus chez moi en un élément nettement mystique ».

 

DALÍ, S. (1956), Aspects phénoménologiques de la méthode paranoïaque critique

(conférence en Sorbonne). Paris : La Vie Médicale, p.81.

 
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